Fin décembre, un président de SAS de 58 ans vire 30 000 € sur son PER pour réduire son impôt. Au printemps, l'avis d'imposition arrive. Une partie du versement n'a pas été déduite : son plafond reposait sur un salaire modeste, l'essentiel de ses revenus étant versé en dividendes.
Le plan d'épargne retraite reste l'un des rares leviers de déduction puissants pour un dirigeant. Son efficacité dépend du statut social, de la rémunération et de la fiscalité attendue à la retraite. La loi de finances pour 2026 a modifié deux règles importantes.
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Le PER individuel permet de déduire les versements volontaires du revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. L'économie d'impôt est immédiate. Elle correspond à la tranche marginale d'imposition du foyer au moment du versement.
Cette économie n'est pas définitive. À la sortie, les sommes issues de versements déduits sont imposées. Le PER fonctionne donc comme un report d'imposition. On déduit aujourd'hui à un taux élevé, on paie demain à un taux en principe plus bas.
L'épargne reste en principe bloquée jusqu'à la retraite. Le ministère de l'Économie détaille les cas de déblocage anticipé. On y trouve le décès du conjoint, l'invalidité, le surendettement et la fin des droits au chômage. S'y ajoutent la cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire et l'achat de la résidence principale.
Le PER prend deux formes. Le PER assurantiel est un contrat d'assurance, proche de l'assurance vie dans sa gestion. Le PER bancaire repose sur un compte-titres. Le choix pèse surtout sur la transmission en cas de décès avant la retraite.
Pour un dirigeant, la vraie question n'est donc pas « combien puis-je déduire ? ». Elle porte sur l'écart entre la tranche d'imposition actuelle et celle attendue à la retraite.

Le montant déductible ne dépend pas du revenu global du foyer. Il dépend de la nature des revenus professionnels du dirigeant, donc de son statut social. Deux mécaniques coexistent, avec des plafonds très différents.
Le président de SAS, le directeur général et le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL sont assimilés salariés. Leurs versements relèvent du plafond de l'article 163 quatervicies du CGI, commun à tous les salariés.
Ce plafond est égal à 10 % des revenus d'activité professionnelle de l'année précédente, nets de frais professionnels. Il est retenu dans la limite de 10 % de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Un plancher de 10 % de ce plafond s'applique aux revenus faibles ou nuls.
Pour les versements de 2026, la référence est le PASS de 2025, soit 47 100 €. Le plafond est donc compris entre 4 710 € et 37 680 €. Ces montants figurent sur l'avis d'imposition reçu en 2026, rubrique plafond épargne retraite.
Le point décisif tient à la base de calcul. Seule la rémunération compte. Les dividendes n'ouvrent aucun droit à déduction. Prenons un président qui se verse 40 000 € de salaire et 200 000 € de dividendes. Après la déduction forfaitaire de 10 % pour frais, son plafond calculé atteint 3 600 €. Le plancher de 4 710 € s'applique alors.
Le plafond se réduit aussi des sommes déjà versées par l'entreprise. L'abondement de l'employeur sur un PER collectif, les cotisations à un PER obligatoire ou à un ancien contrat article 83 s'imputent sur la même enveloppe.
Certaines rémunérations posent question. Les sommes facturées par une holding au titre de prestations de direction ne sont pas des revenus d'activité du dirigeant. Seule la rémunération qu'il perçoit personnellement, de la holding ou de la filiale, entre dans la base de calcul.
Les avantages en nature, comme un véhicule de fonction, entrent en revanche dans les revenus d'activité. Ils augmentent légèrement le plafond, au même titre que le salaire.
Le gérant majoritaire de SARL, l'associé de SELARL majoritaire et l'entrepreneur individuel sont travailleurs non salariés. Ils peuvent déduire leurs versements de leur revenu professionnel, selon les règles de l'article 154 bis du CGI.
Le calcul combine deux étages. Le premier représente 10 % du bénéfice imposable, retenu dans la limite de huit fois le PASS. Le second ajoute 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre une fois et huit fois le PASS.
Pour un TNS, la référence est le PASS de l'année du versement, soit 48 060 € en 2026. Le plafond minimal ressort à 4 806 €. Le plafond maximal atteint 88 911 €, pour un bénéfice d'au moins huit PASS.
Les cotisations de prévoyance et de frais de santé souscrites dans le cadre Madelin relèvent de plafonds distincts. Elles ne réduisent pas l'enveloppe retraite, mais leur cumul mérite d'être suivi.
Un TNS dispose aussi du plafond épargne retraite de droit commun, calculé sur ses revenus. Ce plafond est diminué de la fraction de 15 % déjà utilisée dans le cadre Madelin. La combinaison des deux exige une simulation précise, car l'ordre d'imputation change le résultat.
Cette enveloppe est nettement plus large que celle d'un assimilé salarié. Un gérant majoritaire qui dégage 200 000 € de rémunération peut déduire environ 43 000 €. Un président de SAS rémunéré au même niveau reste limité à environ 18 000 €.
L'écart ne justifie pas à lui seul un changement de statut. Le choix entre SAS et SARL engage aussi la protection sociale, le coût des cotisations et la fiscalité des dividendes. Notre analyse du statut TNS ou assimilé salarié détaille ces arbitrages.
Les plafonds non utilisés ne sont pas perdus. Pour l'assimilé salarié, la fraction non consommée d'une année se reporte sur les années suivantes. Les versements s'imputent d'abord sur le plafond de l'année, puis sur les reliquats les plus anciens.
Les couples mariés ou pacsés peuvent aussi mutualiser leurs plafonds. Un conjoint qui verse beaucoup peut utiliser le plafond inutilisé de l'autre. L'option se coche sur la déclaration de revenus, case dédiée. Elle est précieuse lorsqu'un seul des deux dégage des revenus d'activité élevés.
Un exemple illustre ce levier. Une dirigeante dispose de 37 680 € de plafond, son conjoint retraité de 4 710 €. Avec la mutualisation et trois années de reliquats non utilisés, le foyer peut déduire bien davantage en une seule année, typiquement l'année d'un revenu exceptionnel.
L'avis d'imposition reçu à l'été contient une rubrique dédiée au plafond épargne retraite. Elle indique, pour chaque membre du foyer, le plafond de l'année et les reliquats des années précédentes encore disponibles.
Ce chiffre est la seule référence fiable pour un assimilé salarié. Il intègre déjà les cotisations versées par l'entreprise. Un versement calibré sur ce montant évite toute mauvaise surprise au printemps suivant.
Pour un TNS, la lecture est différente. Le plafond Madelin se calcule sur le bénéfice de l'année du versement, qui n'est connu qu'à la clôture. Un versement de fin d'année repose donc sur une estimation, à affiner avec l'expert-comptable avant le 31 décembre.
Le calendrier compte aussi. Un versement effectué le 31 décembre est déductible des revenus de l'année. Un virement initié trop tard peut être enregistré en janvier et basculer sur l'année suivante. Mieux vaut anticiper de quelques jours.
Enfin, l'option pour la non-déduction reste possible. Un dirigeant faiblement imposé une année donnée peut renoncer à déduire un versement. Le capital correspondant sortira alors en franchise d'impôt, seuls les gains étant taxés.
Prenons un couple marié. Monsieur est gérant majoritaire de SARL, avec un bénéfice de 180 000 €. Madame préside une SAS et perçoit 90 000 € de salaire. Le foyer est imposé dans la tranche à 41 %.
Pour Monsieur, le plafond Madelin combine 18 000 € au titre des 10 % et 19 791 € au titre des 15 % sur la fraction supérieure au PASS. Son enveloppe atteint environ 37 800 €.
Pour Madame, le plafond de droit commun repose sur son salaire net de frais, soit 81 000 €. Il représente 8 100 €, sous réserve des cotisations déjà versées par la SAS.
Si le couple utilise pleinement ces deux enveloppes, il déduit près de 45 900 €. L'économie d'impôt avoisine 18 800 € pour l'année, à la tranche de 41 %.
Ce résultat suppose une trésorerie personnelle disponible et un horizon de blocage acceptable. Il doit aussi être rapproché de la tranche attendue à la retraite. Un couple qui anticipe des pensions et des revenus du patrimoine élevés gagnera moins que ne le suggère ce calcul.
L'exemple montre surtout l'écart entre les deux statuts. À rémunération comparable, le gérant majoritaire déduit plusieurs fois plus que la présidente de SAS.
Deux mesures modifient l'usage du PER par les dirigeants.
La première allonge la durée de report. Les plafonds non utilisés à compter de celui de 2026 se reportent désormais sur cinq ans, au lieu de trois. Les reliquats de 2024 et 2025 gardent leur durée de trois ans. L'effet complet se mesurera donc progressivement, à partir de 2031.
La seconde supprime la déduction après 70 ans. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans restent possibles, mais ne sont plus déductibles. Ils sont traités comme des versements non déduits : le capital ressort en franchise d'impôt, seuls les gains sont taxés à la sortie.
Pour un dirigeant qui comptait verser tardivement, par exemple après une cession à 68 ans, la fenêtre se resserre. Les versements déductibles doivent intervenir avant le 70e anniversaire, ce qui impose de planifier les reliquats disponibles.
Ces deux mesures jouent en sens inverse. L'allongement du report favorise les versements concentrés sur quelques années de revenus élevés. La limite d'âge pousse à ne pas trop attendre. Pour un dirigeant de 60 ans, la combinaison invite à cartographier dès maintenant les plafonds disponibles jusqu'à 70 ans.
La hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % sur les gains du PER, applicable depuis 2026, complète ce tableau. Elle ne remet pas en cause l'intérêt du plan, mais réduit un peu le rendement net des supports les plus dynamiques.
Le PER n'enrichit pas mécaniquement. Il crée de la valeur si la tranche marginale d'imposition au moment du versement dépasse celle de la sortie. Dans le cas inverse, l'avantage disparaît, voire s'inverse.
Prenons un dirigeant imposé à 41 % ou 45 % pendant sa vie active. S'il anticipe une tranche à 30 % à la retraite, il réalise un gain fiscal net. L'écart de onze ou quinze points s'ajoute au rendement des supports, sur toute la durée de détention.
Un dirigeant faiblement imposé aujourd'hui, par exemple parce qu'il se rémunère surtout en dividendes, déduit peu. Il risque en outre d'être imposé à un taux supérieur à la sortie, si ses pensions et revenus du patrimoine restent élevés.
La doctrine fiscale précise les cotisations déductibles et leur articulation avec les autres régimes d'épargne retraite. Elle rappelle que la déduction réduit le revenu global du foyer, pas seulement celui du dirigeant.
La projection de la tranche de sortie est donc le cœur du sujet. Elle suppose d'estimer les pensions obligatoires, les revenus locatifs, les dividendes de la holding éventuelle et les rentes futures. Une erreur sur cette projection peut transformer un avantage apparent en surcoût.
Un exemple chiffré éclaire l'arbitrage. Un gérant majoritaire imposé à 41 % verse 20 000 € par an pendant dix ans. Il économise 8 200 € d'impôt chaque année, soit 82 000 € sur la période.
À 65 ans, il sort en capital. Les 200 000 € de versements déduits sont imposés au barème. Si sa tranche est alors de 30 %, l'impôt sur cette part atteint environ 60 000 €. Le gain fiscal net avoisine 22 000 €, avant prise en compte des gains de gestion.
Il peut encore améliorer le résultat. Une sortie fractionnée sur plusieurs années lisse l'imposition et limite le passage dans une tranche supérieure. L'année de liquidation des retraites, souvent moins chargée en revenus, offre aussi une fenêtre favorable.
Le même raisonnement peut devenir défavorable. Un dirigeant qui cède son entreprise et perçoit d'importants revenus du capital à la retraite peut rester dans une tranche élevée. Le PER devient alors un simple outil de capitalisation, sans gain fiscal.
La structure de rémunération pèse donc doublement : sur le plafond et sur la tranche d'entrée. Notre analyse de l'arbitrage entre salaire et dividendes éclaire ce choix.
À la retraite, le titulaire choisit entre une sortie en capital, en une fois ou de manière fractionnée, une rente viagère, ou une combinaison des deux. Le choix se fait au moment de la liquidation, pas à l'ouverture.
En sortie en capital, la part issue de versements déduits est soumise au barème de l'impôt sur le revenu, sans abattement. D'après le service public, les gains sont imposés à 31,4 % depuis 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
La hausse des prélèvements sociaux concerne donc aussi le PER, assurantiel comme bancaire. Elle réduit légèrement l'intérêt des supports à forte plus-value logés dans le plan.
En sortie en rente, la fraction correspondant aux versements déduits est imposée comme une pension de retraite. Elle bénéficie de l'abattement de 10 % propre aux pensions, dans sa limite annuelle. La rente garantit un revenu à vie, mais elle est irréversible et sans capital transmis, sauf option de réversion.
Pour un dirigeant qui dispose déjà de revenus de retraite confortables, la sortie en capital fractionnée offre en général plus de souplesse. La rente se justifie surtout lorsque la sécurité d'un revenu garanti prime.
Le déblocage pour l'achat de la résidence principale est fréquent. Il concerne les versements volontaires, pas les sommes issues d'un PER obligatoire. Les sommes débloquées suivent la fiscalité d'une sortie en capital, ce qui peut alourdir l'impôt d'une année de revenus déjà élevés.
Les cas liés aux accidents de la vie, comme l'invalidité ou le décès du conjoint, ouvrent un régime plus favorable. Le capital correspondant aux versements est alors exonéré d'impôt sur le revenu. Seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.
La transmission dépend de la forme du plan. Un PER assurantiel suit une logique proche de l'assurance vie. Si le décès intervient avant 70 ans, chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €. Au-delà de 70 ans, l'abattement global de 30 500 € s'applique, puis les droits de succession.
Un PER bancaire, lui, entre dans la succession et supporte les droits de droit commun. Pour un dirigeant qui veut aussi protéger ses proches, la forme assurantielle présente donc un avantage net.
Les règles de transmission des contrats d'assurance sont détaillées dans notre article sur l'assurance vie et la succession.
Le PER n'est jamais la seule option. Il se compare à quatre autres enveloppes, chacune avec sa logique.
L'assurance vie n'offre aucune déduction à l'entrée. Elle reste disponible à tout moment et transmet dans un cadre fiscal favorable. Pour une épargne qui doit rester mobilisable avant la retraite, elle est souvent plus adaptée.
Le PER collectif et le PEE mis en place dans l'entreprise permettent de recevoir un abondement, déductible du résultat de la société. Pour un dirigeant de société de plus d'un salarié, ces dispositifs complètent utilement le PER individuel. Notre article sur l'épargne salariale du dirigeant les détaille.
Le PER obligatoire, ex-article 83, finance des cotisations patronales pour une catégorie de salariés. Il réduit d'autant le plafond individuel, mais coûte moins cher en charges sociales qu'un complément de salaire.
La holding patrimoniale permet de capitaliser à l'impôt sur les sociétés, sans imposition personnelle immédiate. Elle convient aux dirigeants qui n'ont pas besoin de revenus à court terme.
La doctrine administrative sur les cotisations des indépendants précise aussi l'articulation des cotisations Madelin avec les régimes obligatoires. Le bon dosage entre ces enveloppes dépend de l'horizon, des besoins de liquidité et des objectifs de transmission.
Un président de SAS rémunéré 150 000 € en salaire, imposé à 41 %. Son plafond avoisine 13 500 €. Le PER est pertinent, d'autant plus avec la mutualisation du plafond du conjoint.
Un gérant majoritaire de SARL rémunéré 250 000 €. Son plafond Madelin dépasse 55 000 €. Le gain fiscal est important s'il anticipe une tranche plus basse à la retraite.
Un président de SAS rémunéré surtout en dividendes. Son plafond reste proche du plancher. Le PER a peu d'intérêt fiscal, sauf à revoir la répartition entre salaire et dividendes.
Un dirigeant de 67 ans qui cède son entreprise. Il lui reste trois ans de versements déductibles avant 70 ans. Mobiliser les reliquats des années précédentes devient prioritaire.
Un médecin exerçant en libéral. Il relève du régime TNS et dispose d'une enveloppe large, à articuler avec sa retraite complémentaire obligatoire.
Un couple de dirigeants dont un seul perçoit des revenus élevés. La mutualisation des plafonds permet de concentrer les versements sur le foyer, l'année d'un revenu exceptionnel.
Chaque profil appelle un calibrage différent. Un bilan retraite du dirigeant précise les pensions attendues et la tranche de sortie probable.
Première erreur : verser sans consulter son plafond. Le montant disponible figure sur l'avis d'imposition. Le dépasser ne procure aucune économie, et la part excédentaire reste bloquée dans le plan comme un versement non déduit.
Deuxième erreur : confondre les plafonds de l'assimilé salarié et du TNS. Un président de SAS qui raisonne avec le plafond Madelin surestime fortement sa capacité de déduction.
Troisième erreur : oublier la fiscalité de sortie. Déduire à 30 % pour être imposé à 41 % à la retraite détruit de la valeur. Ce cas est plus fréquent qu'on ne le pense chez les dirigeants dotés d'un patrimoine de rendement important.
Le texte de référence pour les assimilés salariés, l'article 163 quatervicies du CGI, fixe les règles de calcul et de report du plafond. Le relire évite bien des approximations.
Trois réflexes simples permettent d'éviter ces écueils. Vérifier chaque année le plafond disponible et les reliquats sur l'avis d'imposition. Projeter la tranche de sortie avant d'engager des versements importants. Planifier les versements déductibles avant 70 ans, surtout en cas de cession prévue entre 65 et 70 ans.
Le choix du conseiller compte autant que celui du contrat. Les frais, la qualité de la gestion et la gamme de supports varient fortement d'un PER à l'autre. L'expert-comptable connaît la rémunération et le statut, mais rarement l'ensemble du patrimoine. Le conseiller bancaire propose le PER de son établissement, souvent sans comparaison de frais ni de gestion.
Une banque privée offre un cadre plus large, parfois en architecture fermée. Une plateforme digitale propose des frais réduits, sans analyse de la fiscalité du dirigeant ni de la tranche de sortie.
Un cabinet de conseil en gestion de patrimoine en architecture ouverte compare les contrats du marché. Il coordonne l'expert-comptable sur la rémunération et le notaire sur la transmission. La démarche suit un ordre précis. Elle part du diagnostic des revenus et du statut, puis projette la retraite. Viennent ensuite le calibrage des versements, le choix du contrat et le suivi annuel des plafonds.
Le PER s'inscrit alors dans une stratégie de retraite plus large, qui intègre la cession éventuelle, la holding et l'immobilier. La mise en place prend en général quelques semaines. Elle se formalise dans une lettre de mission qui précise le périmètre et la rémunération du conseil.
Les leviers patrimoniaux de préparation de la retraite complètent cette réflexion.
Le président de SAS relève du plafond des salariés. En 2026, il représente 10 % de la rémunération nette de l'année précédente, entre 4 710 € et 37 680 €. Les dividendes ne comptent pas dans le calcul. Le plafond se réduit des cotisations versées par l'entreprise sur un PER obligatoire ou de l'abondement d'un PER collectif.
Oui, mais seulement si son bénéfice atteint au moins huit fois le PASS, soit 384 480 € en 2026. Le plafond Madelin combine 10 % du bénéfice et 15 % de la fraction comprise entre un et huit PASS. Pour la plupart des gérants, le plafond réel se situe nettement en dessous de ce maximum.
Non. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. Ils restent possibles et sont traités comme des versements non déduits. À la sortie, le capital correspondant est exonéré d'impôt sur le revenu. Seuls les gains sont taxés, à 31,4 % prélèvements sociaux compris.
Les plafonds non utilisés à compter de celui de 2026 se reportent sur cinq ans. Ceux de 2024 et 2025 gardent une durée de trois ans. Les couples mariés ou pacsés peuvent en outre mutualiser leurs plafonds. Les montants disponibles figurent chaque année sur l'avis d'imposition, ce qui facilite grandement leur suivi.
La sortie en capital, surtout fractionnée, offre de la souplesse et permet de lisser l'impôt. La rente garantit un revenu à vie, mais elle est irréversible. Pour un dirigeant qui dispose déjà de pensions et d'un patrimoine de rendement, le capital fractionné convient le plus souvent. La rente répond surtout à un besoin de sécurité.
Oui. Un PER assurantiel suit une logique proche de l'assurance vie : abattement de 152 500 € par bénéficiaire en cas de décès avant 70 ans, 30 500 € au-delà. Un PER bancaire entre dans la succession et supporte les droits de droit commun. La forme assurantielle est donc plus favorable à la transmission.
Le PER reste un levier puissant pour un dirigeant, à condition d'être calibré. Statut, rémunération, tranche de sortie, âge de la cession : chaque paramètre se décide en amont, avec une projection chiffrée.
Structurer votre patrimoine commence par un échange clair.
Cet article est rédigé à titre purement informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal personnalisé, ni une sollicitation. Les dispositifs présentés évoluent ; vérifiez l'état du droit en vigueur. Toute décision patrimoniale doit faire l'objet d'une analyse adaptée à votre situation, formalisée dans une lettre de mission.
Sources
Article fourni à titre informatif. Toute décision patrimoniale ou fiscale doit s'appuyer sur une analyse adaptée à votre situation.